Sergine REHEMA : « mon combat, c’est le zéro handicap »

Journaliste-reporter à Top Congo Fm depuis plus de dix ans maintenant, licenciée en sciences de l’information et de la communication de l’Institut Facultaire des Sciences de l’Information et de la Communication (IFASIC), Sergine REHEMA a rêvé devenir gestionnaire hospitalière, mais faute de places disponibles, et grâce aux encouragements des amis et de la famille, elle a opté pour le journalisme. Approchée par Florilège magazine, elle se dévoile dans une interview qu’elle a accordée au magazine.

« Certains pensaient que comme j’étais télégénique et que je parlais bien, je pouvais passer à la télévision et devenir journaliste. Mais en réalité, ce n’était pas ça, car les réalités du journalisme sont toutes autres sur le terrain à l’IFASIC », a indiqué Sergine REHEMA en préliminaire. Pendant qu’elle étudiait, Sergine travaillait déjà à Congo Education Broadcasting System (CEBS), avant d’aller chez Top Congo Fm, où elle preste jusqu’à présent.

Outre les encouragements des amis et de la famille, Sergine REHEMA aimait ce qu’elle voyait à la télévision, particulièrement une certaine « ISAMA » quand elle présentait le journal télévisé de Télé Zaïre à l’époque, RTNC aujourd’hui. Pour elle, la présentatrice était aussi celle qui balançait les images et concevait l’ensemble du journal. Toutes ces idées ont poussé Sergine REHEMA à aimer le travail de cette dame et d’aimer à son tour le journalisme. D’où l’option d’aller à l’IFASIC. Madame ISAMA, paraît donc pour elle, un modèle.

Quant à la féminisation du métier de journaliste, Sergine soutient que les femmes ont leur façon de penser. Leur beauté, leur bonne façon de parler les laissent croire qu’on peut facilement devenir journaliste. Ce qui n’est pas le cas pourtant. « Les femmes aiment s’exposer, se faire voir à la télévision, mais si ce n’est pas une vocation, il n’est pas indiqué de devenir journaliste. Parce que passer à la télé ne suffit pas et ne signifie pas qu’on est intelligente », a laissé entendre notre consoeur. « Le travail du journaliste, c’est de collecter, traiter et diffuser l’information, et les gens doivent le remarquer pour que vous soyez considéré comme bon ou bonne journaliste , pourquoi pas meilleur(e) journaliste», a t-elle ajouté. Vu le taux de scolarisation plus bas des filles par rapport à celui des garçons, les filles sont encouragées dans les différents métiers et pas seulement aller en masse dans le journalisme.

S’agissant du travail proprement dit des journalistes femmes, Sergine REHEMA a reconnu que c’est dommage parce que même si elles se font appeler journalistes, beaucoup d’entre elles ne s’en sortent pas convenablement. Voilà pourquoi elle recommande la sensibilisation des filles qui viennent dans le métier, car de fois on se demande comment telle ou telle autre fille est arrivée en 3ème graduat, vu sa prestation en tant que journaliste, qui ne sait même pas rédiger un chapeau journalistique.

Le secret du travail de Sergine REHEMA, c’est l’amour de ce qu’elle fait. Pratiquer ce qu’elle a appris à l’école en donnant le meilleur d’elle-même, sachant que l’école n’apprend pas tout. « Il faut chercher à s’améliorer du jour au jour, accepter les remarques des ainés dans le métier, car l’école n’apprend pas tout et surtout ne pas rester borner. Il faut adapter ce qu’on a appris à ce qui se passe sur le terrain », a déclaré Sergine REHEMA.

La liberté de la presse est garantie en RDC, conformément à la Constitution du pays en son article 24. Sergine REHEMA pense qu’il y a des efforts qui sont fournis par le gouvernement en ce sens. D’abord par le fait de la multiplicité des organes de presse, des points de vue émis ça et là, des dénonciations qui se font à travers les médias. Mais on n’est pas encore arrivé malgré les améliorations, car beaucoup reste à faire, compte tenu de ce qu’on voit, à l’instar des arrestations des professionnels des médias, des coupures des signaux de radios et des télévisions et autres.

Tout le monde a des projets. Et REHEMA n’en manque pas du tout. Le perfectionnement de son travail est un projet à long terme. Mais évoluer dans la politique, occuper des postes ministériels ou toute autre haute fonction dans la sphère politique, sont des projets que caresse notre consoeur.

« Je suis une personne vivant avec handicap. Je lutte contre les discriminations envers ces genres de personnes. C’est pourquoi je mène une action –handicap zéro– une action de sensibilisation des gens pour banaliser cette discrimination envers les personnes vivant avec handicap et arriver à une société où tout le monde a les mêmes chances. Je me bat aussi pour la vulgarisation des textes juridiques qui vont dans le sens de la promotion et la défense des droits de ces personnes », s’est exprimé cette journaliste ambitieuse.

A quelques jours du mois de mars consacré à la femme, le message de Sergine REHEMA à l’endroit des femmes est de ne pas baisser les bras. Même si les femmes sont de fois marginalisées dans les postes de prise de décision, la femme ne doit pas se fatiguer, elle doit se manifester pour briguer des postes de commandement, il faut prendre le courage. La femme a déjà mené une lutte, elle doit continuer, elle doit aussi ôter en elle l’idée selon laquelle « elle ne bâtit pas un village (“muasi atongaka mboka te”) ». Ce sont des propos qui ternissent l’image de la femme, il faut les bannir.

Sergine REHEMA a terminé par remercier Florilège magazine à qui elle a souhaité bon vent et plein succès, car ils ne sont pas nombreux ces magazines qui accordent la parole aux femmes et aux enfants.

Ruben Mayoni

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