Ratification de l’accord de Paris, les parlementaires congolais appelés à agir

« Nous ne pouvons pas attendre jusqu’en 2020 pour prendre des mesures. Nous assistons à un monde en réchauffement rapide avec un climat déstabilisant. Une action décisive peut nous éloigner de ce chemin, mais il n’y a pas de temps à perdre. Les pays doivent augmenter les promesses faites à Paris post 2020 et les transformer en actions rapides et concrètes, des actions à la maison qui produisent moins des pollutions climatiques et une transition équitable pour les personnes, les communautés et les écosystèmes. Tout cela commence par la ratification de l’Accord de Paris ».

Ainsi s’est exprimée Madame Mireille ADUNAGOW, Représentante de l’ONG Internationale Fonds Mondial pour la Nature (WWF), à l’occasion la réunion de concertation et de sensibilisation des décideurs politiques et parlementaires sur les enjeux de la ratification de l’accord de Paris, au titre de la Convention Cadre des Nation-Unies sur les Changement Climatiques (CCNUCC). Cette réunion a fait suite aux recommandations de la proclamation de Marrakech, lors de la 22ème Conférence des Parties (CoP22). Celle-ci appelle les pays à un engagement de plus ferme afin de lutter contre les changements climatiques.

En effet, à en croire Madame ADUNAGOW, les pays doivent réaliser le potentiel entier de l’accord de Paris en le ratifiant le plus tôt possible. Ensuite, prendre des mesures à l’échelle nationale pour qu’il devienne une loi ambitieuse de règlement et de politique qui va garantir de résultats de développement construit sur une faible émission en carbone. Depuis quelques temps, la RDC est considéré comme pays émetteur et non plus comme puits à cause de la foresterie et l’utilisation de terre qui représentent 25% des émissions après le secteur de l’énergie. Ainsi, la protection des forêts et une bonne gestion de terre sont cruciales pour maintenir le réchauffement à moins de 2°C.

A ce jour 160 des 196 ont déjà ratifié l’accord de Paris. Alors que la plupart des pays du bassin du Congo l’ont aussi ratifié, la RDC fait encore partie de trois pays de la sous-région n’ayant pas encore ratifié cet accord. Florent BOTAMBA, Chef de programme au WWF/RDC, qui a souligné le fait que la RDC est le premier pays dans le cadre du mécanisme Redd+ en Afrique, il estime que la ratification de l’accord de Paris constituerait une opportunité pour notre pays de lancer un nouveau mécanisme de développement vert, source d’emplois durables pour la jeunesse congolaise. Quant à la période de cette concertation, Flory BOTAMBA a déclaré que vaut mieux tard que jamais, d’autant plus que d’ici le sommet de Bonn en Allemagne, il reste une session parlementaire. D’après lui, c’est sera la bonne occasion, car WWF/RDC est disposé à collaborer directement avec les députés et sénateurs afin d’évoquer la nécessité de ratifier l’accord de Paris.

A la question du sénateur MASIKINI sur l’intérêt concret qu’a la RDC à ratifier cet accord, TOSI MPANU MPANU, point focal de la CCNUCC a éclairé les parlementaires sur les enjeux diplomatiques, politiques, économiques et bien d’autres. Pour le négociateur congolais à la Conférence des Parties, l’intérêt de RDC à cet accord n’est pas de sauver la planète mais par contre de réduire la pauvreté et créer les conditions de croissance inclusives. En effet, l’accord de paris qu’avait signé le président de la République le 22 avril de l’année passée permet l’octroie aux pays en voie de développement d’un appui financier et technologique pour faire face aux effets néfastes du réchauffement climatique.

Le Directeur du développement durable, José ILANGA, Représentant du Secrétaire général au ministère de l’environnement et développement durable, a émis le vœux de voir les deux chambres du Parlement congolais procéder de manière urgente à l’adoption de la loi portant ratification de cet accord et de l’amendement de Dowa au titre du Protocole de Kyoto, au cours de la prochaine session parlementaire. A lui de poursuivre que son ministère espère la ratification de l’accord de Paris afin de bénéficier de nombreux avantages liés à cette ratification.

Il faut savoir que l’influence de la RDC a fortement augmenté dans le processus de la CCNUCC suite à sa participation au sein de plusieurs coalitions de négociation. A titre d’exemple, elle a assumé la présidence du groupe africain de janvier 2010 à décembre 2011. Actuellement, la RDC assume la présidence de la coalition des Nations des forêts tropicales humides depuis janvier 2017. Il convient de rappeler que l’objectif de cette rencontre avec les parlementaires était d’examiner les implications politiques et les opportunités de la ratification par la RDC tant au niveau national, sous régional qu’international.

 Ferha NTUMBA

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