Port de la minijupe, un come-back en force en République Démocratique du Congo

Depuis ses origines européennes à son adoption à travers toute la planète, la minijupe est un vêtement qui a su rester à la mode malgré le nombre d’années. D’ailleurs, elle a fêté son cinquantenaire le 10 juillet dernier. Et même si le port de la minijupe remonte aux années 20-30 avec Marilyn Monroe dans un de ses films « Redheads on parade », c’est dans les années 60 qu’elle fait ses débuts dans le prêt à porter et dans la haute couture. Toutefois, c’est de Mary Quant que l’on doit la minijupe dans la haute couture.

Sa création remonterait entre 62-64, inspirée d’un modèle vu à Saint-Tropez pour Mary Quant, la mode des sixties devait être « arrogante, agressive et sexy ». C’est à elle aussi que l’on doit le fameux motif « marguerite » ainsi que le succès du mannequin « filiforme Twiggy ». Depuis sa boutique et son atelier, elle habille une partie de la jeunesse de la capitale anglaise du XXème siècle aux éditions Taschen.

D’après l’histoire, cette époque est bénie par la mode, car elle s’émancipe et permet des audaces inédites et les jeunes constatent alors que c’est en exhibant leur corps qu’ils se distinguent le plus radicalement de leurs ainés. En se raccourcissant, les jupes deviennent donc plus pratiques, tout en rendant les femmes plus séduisantes ; l’exemple de Brigitte Bardot dans le film « Et Dieu créa la femme» de Roger Vadim.

Depuis 60 à nos jours, la minijupe permettra aussi une révolution, celle des dessous. Car la jupe devenant courte, impossible en effet de porter des bas et un porte-jarretelle. D’où la naissance du collant réservé jusque là aux danseuses. Pour Marie-Christine Gambart, auteur du documentaire « minijupe ne fait pas que des heureux, l’ORTF par exemple avait renvoyé la speakerine Noëlle Noble court en 1964 pour avoir montré ses genoux à l’antenne.

La minijupe en RDC

En Afrique par contre et en RDC particulièrement, l’histoire de la mode a toujours été liée à la musique. La minijupe n’est pas épargnée. C’est dans les années 70 que l’on verra pour la première fois certains musiciens à l’instar de Tabuley dit Rochereau et Lita Bembo habiller leurs danseuses avec des minijupes, les Rocherettes et les Stoukass.

Et même si la minijupe n’a pas l’agrément de la plupart de la culture congolaise du fait qu’elle laisse voir les parties sensibles de la femme congolaise, elle persiste et règne surtout parmi les jeunes filles. On la voit porter par les plus jeunes (les lycéennes, élèves et étudiantes) mais aussi par les femmes âgées dans leur milieu de travail (hôtesses, serveuses, danseuses). Actuellement, la minijupe est même revenue en force en RDC. Comme qui dirait, elle a fait un come-back fulgurant dans le milieu des jeunes surtout. Elle est accommodée aux pagnes, à la dentelle et aux différents autres tissus pour le bonheur de jeunes femmes congolaises qui ne s’en lassent pas jusque-là, car dit-on, la minijupe est synonyme de jeunesse, de fraicheur et d’une silhouette svelte.

La minijupe, source de violences sexuelles ?

D’après des milliers de manifestantes qui auraient défilés à Johannesburg lors d’une marche de la minijupe afin d’exprimer leurs ras-le-bol face au sexisme et aux violences faites aux femmes en Afrique du Sud. Cette marche aurait été organisée en réponse à l’agression de deux sud-africaines par un groupe d’hommes dans une station de taxis. Cette initiative avait reçu le soutien de plusieurs personnalités, dont le Ministre en charge des Droits des Femmes, Lulu Xingwana de l’ANC Women’s league.

A en croire une étude menée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 42% des jeunes Sud-africaines de 13 à 23 ans ont été victimes de violences à l’occasion des sorties parmi les 15 à 49 ans, 40 % déclarent que leurs première expériences sexuelles avaient été forcées et il y aurait près de 500.000 viols par ans de ce pays qui compte un peu plus de 502 millions d’habitants.

La question de savoir si la minijupe exposerait les femmes aux viols. D’après jeune Afrique, le Haut Commissariat de l’ONU pour les Refugiés (HCR) avait organisé il y a 2 ans, une campagne de sensibilisation aux violences sexuelles à l’école, à Burubu, localité enclavée de l’ancienne Province de l’Equateur dans le Nord-Est de la RDC. Occasion pour les notables de cette partie du pays de réfléchir sur l’implication oui ou non du port de la minijupe dans le viol des femmes qui bat son plein. Chez certains, l’habillement des jeunes filles d’aujourd’hui laisse à désirer, car il inciterait les hommes moins instruits ou sans maitrise aux viols, tandis que d’autres pensent que jupe, pagne ou pantalon, les inciviques ne reculent devant aucun de ces vêtements.

En somme, mode, oui. Mais l’Africaine en général et la Congolaise en particulier doivent tenir compte de la culture qui est la sienne dans le port de tout habit, tout en évitant de blesser les susceptibilités. Porter un habit qui ne dépasse pas les genoux chez la jeune fille peut apporter atteinte aux mœurs et scandaliser l’opinion.

Ferra NTUMBA K.

Please follow and like us:
0

?>