Lutte contre la fistule obstétricale, les femmes de Kinkole sensibilisées sur la maladie

« Mieux vaut prévenir que guérir », dit-on. Fistula Clinic de l’hôpital Saint Joseph le sait bien. Elle est plus que déterminée à arrêter la fistule. Voilà qui a justifié la présence de son équipe à Kinkole dans la Commune de la N’sele pour sensibiliser les femmes de cette partie de Kinshasa sur la fistule obstétricale, qui est une communication anormale entre la vessie et les voies génitales de la femme. Quelque fois, il peut y avoir deux communications : l’autre entre le rectum et les voies génitales.

Chaque année dans le monde, 50.000 à 100.000 femmes souffrent de la fistule obstétricale. Les femmes qui présentent cette affection évitable souffrent d’une incontinence urinaire permanente qui conduit souvent à l’isolement social et peuvent être à l’origine d’infections cutanées, de troubles rénaux, voire de décès faute de traitement. Son intervention chirurgicale coûte en moyenne 750 $us, somme combien exorbitante pour la femme rurale.

Au-delà de la gratuité qu’offre Fistula Clinic pour l’intervention chirurgicale des femmes souffrant de la fistule obstétricale, ce, grâce à l’appui financier de l’USAID et Engender Health à travers fistula care, l’équipe de Fistula Clinic a tenu à communiquer à ces dames, les méthodes de prévention et de prise en charge de la fistule obstétricale. A en croire l’équipe de Fistula Clinic, pour éviter la maladie, il faut absolument repousser l’âge de la première grossesse, mettre fin aux pratiques traditionnelles préjudiciables et surtout permettre aux femmes d’avoir accès en temps voulu à des soins obstétricaux de qualité, c’est-à-dire, éviter les retards au moment de l’accouchement. Le travail ne doit pas durer plus de 24h. L’apparition de fistule obstétricale est directement liée à un travail difficile lors de l’accouchement.

Cette maladie, à en croire Dr Ange, est une calamité pour la femme fistuleuse. Généralement, elle est exclue de la société, repoussée par les amies. Et dans certains cas, elle n’arrive pas d’aller aux champs, ou quand elle y va, elle doit être à la queue. Certaines d’entre elles sont privées d’activités économiques parce que leurs marchandises sentent les urines. Et pourtant, dans la plupart des cas, ce sont les femmes qui tiennent la maison. Conséquence, c’est la famille qui en pâti.

Fistula Clinic, une structure créée en 2003 à l’hôpital Saint Joseph et a déjà opéré gratuitement près de 2.000 femmes venues de toutes les provinces de la RDC. Selon les statistiques, 2 millions de femmes vivent avec la fistule obstétricale non traités en Asie et en Afrique subsaharienne, dont 40.000 nouveaux cas sont enregistrés en RDC.

Belinda IDIAKAMBA

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