L’heure est venue pour la femme de bouger les lignes

« L’heure est venue, les femmes activistes rurales et urbaines transforment la vie des femmes », tel est le thème choisi cette année pour la célébration de la journée de la femme. Sur le plan national, l’attention sera focalisée sur les femmes rurales à travers le thème «Investir dans la force productrice de la femme rurale, priorité pour la RDC ».

Dans les rues de Kinshasa, la capitale, le décor est déjà planté pour célébrer la femme ce 8 Mars 2018 avec une certaine effervescence due peut-être au retour de la grande mobilisation avec une coloration presque festive du côté du Ministère de tutelle. En effet, plusieurs pôles de célébration sont prévus avec en priorité la rencontre des femmes de divers horizons au parc de la Nsele, une Co- organisation Ministère du Genre et celui des Sports. La fête sera également vécue dans les différents lieux de loisirs : hôtels, bars et restaurants comme le témoignent différents banderole qui surplombent la ville capitale annonçant concerts, buffets et autres surprises. Les petites auberges de passe ne sont pas en reste. Certains vont jusqu’à proposer des prix spéciaux pour permettre à tous d’honorer la femme en ce jeudi 8 Mars. Vraisemblablement, la fête sera totale et diversifiée selon le cas voire les Objectifs. Mais au-delà, nous devons nous poser la question sur comment arriver à transformer la vie des femmes dans un certain équilibre social ?

En mettant en exergue les femmes rurales, les autorités ne relancent-elles pas le débat autour de la représentativité et de la participation de la gente féminine au développement de notre société. Dans cette optique, investir dans la force productrice de la femme rurale devrait signifier investir véritablement et de façon durable dans l’éducation de la femme en générale. Car en réalité, les problèmes auxquels est confrontée la femme rurale sont presque les mêmes que pour la femme urbaine. Dans tous les cas, la scolarisation des filles est l’une des solutions sinon la principale dans la résolution de l’équation participation au développement-participation dans la vie politique et la prise de décisions dans les instances nationales. L’heure est donc venue de mettre fin à cette race des femmes transformées en moutons de panurche, inconscientes qu’elles constituent, en fait, une force. Quoi de plus évident que l’éducation pour bouger les lignes.

En effet, dans beaucoup de sociétés y compris la nôtre, les filles n’ont pas les moyens d’exploiter leurs talents et d’atteindre leur potentiel parce que l’éducation n’est pas une priorité. D’autres facteurs encore viennent leur mettre les bâtons dans les roues. La pauvreté ne permettant pas d’assurer le payement de leurs frais de scolarité au profit des garçons, les mariages et grossesses précoces, la violence basée sur le genre et les attitudes traditionnelles relatives au statut et rôle des femmes. Fort heureusement que les avantages de l’éducation des filles pour la société et surtout l’intérêt international porté à l’éducation universelle commence à venir à bout de ces obstacles contre l’égalité des genres. L’Unesco s’y emploie avec l’agenda Education 2030, qui reconnaît que l’égalité des genres requiert une approche qui garantisse que les filles et les garçons aient le même accès aux différents cycles d’enseignement jusqu’à leur terme. Mais aussi, qu’ils aient les mêmes possibilités de s’épanouir dans l’éducation et grâce à l’éducation. Dans ce sens, la réduction des inégalités ne profitent pas qu’aux femmes mais à toute la société. Et il est établi aujourd’hui que le développement est un processus d’expansion des libertés qui doit profiter également à tous, hommes et femmes. Ainsi, une plus grande égalité accroît l’efficience économique, et améliore les autres volets du développement.

La scolarisation des filles est un combat aux défis immenses mais qui nécessite la vulgarisation des mesures visant à en faire une priorité. C’est dans ce sens qu’il faut encourager la mise en œuvre par les pouvoirs publics des politiques visant une meilleure participation des filles à l’éducation impliquant aussi la sensibilisation des parents et de la société en général sur le bien-fondé de ces mesures. Le but étant de lutter contre la pauvreté, de baisser l’analphabétisme et d’autonomiser les femmes en tant que moteur de développement. Ce, pour plusieurs raisons : Les femmes représentent une part importante de la population active. La productivité augmenterait si leurs compétences et leurs aptitudes sont davantage exploitées. Une plus grande implication des femmes dans le contrôle des ressources des ménages grâce à leurs gains propres peut renforcer les perspectives de croissance. Aussi, en donnant aux femmes les moyens d’agir sur la scène politique, économique et sociale, les problématiques à l’ordre du jour peuvent-elles évoluer et les institutions devenir plus représentatives.

Rosymaque

Please follow and like us:
0

?>