Lauréate de la 5ème édition du concours JDH : Lucie NGUSI appelle les femmes journalistes à plus de détermination

Lucie Ngusi est lauréate de la 5ème édition du concours JDH à côté de Badilon Kawanda de la radio Tomisa de Kikwit. Elle a été primée grâce à son article paru dans le quotidien le potentiel où elle preste depuis près d’une année. L’article intitulé « processus électoral : la participation de la femme reste un défi » est le résultat d’une enquête sur le terrain notamment à Kinshasa et à Bandundu ville dans laquelle elle met en exergue les obstacles qui freinent l’élan des femmes dans leur participation au processus électoral alors qu’elles représentent plus de 52 % de la population congolaise.

Elle a reçu un trophée, un ordinateur et un chèque de 500$ au cours d’une cérémonie organisée par l’ONG canadienne à l’hôtel Royal devant de nombreux invités dont le président du CSAC, le secrétaire général académique de l’Ifasic et le directeur principal du conseil d’administration de JDH/Toronto. 6ème d’une famille nombreuse, Lucie Ngusi adore la lecture, suivre les documentaires.

Elle n’a pas hésité à nous accorder cette interview qui résume son parcours et ses ambitions.

FLORILEGE : Qui est Lucie Ngusi ?

Lucie Ngusi : Je suis reporter au sein du groupe le potentiel. Mère de quatre enfants dont un garçon.  Je suis mariée depuis 2009 à Arthur Mushemvula. Je suis licenciée en communication des organisations. Je suis membre du Forum des Femmes pour la Gouvernance des Ressources Naturelles FFGRN.

FLO : La profession journalistique, est-ce un coup de hasard ou un métier que vous avez choisi en âme et conscience ?

LN : C’est une passion qui remonte à mon enfance. On me surnommait chez « journaliste ». J’étais très curieuse et très bavarde comme un journaliste. Il est arrivé que j’imite les speakerines devant un miroir. Et tous les miens prédisaient que je serai journaliste.

J’ai failli passer à côté en optant pour le Droit à l’UPC mais les deux mois que j’ai passés dans cette université m’ont permis de comprendre que ce n’est pas le chemin que je voulais prendre. C’est ainsi que je suis allée directement à l’Ifasic.

FLO : La presse écrite a toujours été une bête noire pour les journalistes femmes, comment en êtes-vous arrivé là ?

LN : J’ai commencé ma carrière dans l’audiovisuel contrairement à ce que d’aucuns peuvent penser. C’était à CEBS. C’est juste en licence quand j’ai voulu évoluer dans un créneau qui me permettrait de combiner études et vie professionnelle que je me suis orientée vers la presse écrite. Au début, c’était difficile mais avec l’encadrement, ma propre détermination, j’ai pu m’en sortir. En effet, la presse écrite avec son sens du détail, le background demande beaucoup de travail, de rigueur et de sérieux. En 2005, j’ai intégré le journal « le repère » jusqu’à sa disparition. En l’espace de quelques mois, je suis allée au journal « le révélateur » où j’ai presté jusqu’en 2009 quand le journal a fermé suite à certaines difficultés financières. Ensuite, je suis allée au journal « Uhuru » où je suis restée de 2009 à 2012, année de fermeture du ce journal. J’ai décidé finalement après cette expérience de me consacrer à ma famille jusqu’en 2016 ; Cependant, J’ai continué de travailler avec l’Ucofem, union congolaise des femmes des médias, en tant que structure qui milite pour les droits des femmes. Cela constitue un combat pour moi. D’où mon adhésion à cette organisation pour me battre à côté des autres femmes pour la quête des droits, en tout cas de plus de droits.

FLO : Elles sont de plus en plus nombreuses dans le métier mais peu nombreuses à occuper des postes de responsabilité, à quoi est dû selon vous cette situation ?

LN : C’est le manque de détermination, à mon avis. Les femmes reculent facilement devant les obstacles contrairement aux hommes. Mais au-delà, les hommes aussi constituent des freins majeurs à l’épanouissement des femmes. Ce sont eux qui sont aux commandes et de fois sans nous consulter, ils se plaisent à nous trouver des excuses soit disant qu’en tant que mère, on ne saura pas s’occuper par exemple d’une édition. Etant donné que s’occuper d’une édition suppose une présence prolongée à la rédaction jusqu’au bouclage du journal. Dernièrement, un débat a eu lieu sans moi autour de ma capacité ou non de gérer une édition. Je me sens capable de le faire et de gérer à distance ma famille mais hélas, de fois on n’est pas consulté. Il est donc important pour nous de nous imposer et montrer que nous sommes capables de beaucoup de choses.

FLO : Comment faites-vous pour allier travail et vie personnelle ?

LN : C’est une question d’organisation personnelle. Je prends le temps de m’occuper de mes enfants avant qu’ils n’aillent à l’école. Et je charge quelqu’un de les chercher à la sortie. Quant aux devoirs et autres tâches, je m’en occupe à mon retour. Ce n’est pas facile mais il faut avoir une longueur d’avance. Et quand je suis au service, j’appelle pour m’assurer que tout va bien.

FLO : Vous avez gagné dernièrement un prix de JDH, qu’est- ce qu’il signifie pour vous ?

LN : Il symbolise l’engagement d’une femme, la reconnaissance du mérite. Il va certainement inciter les hommes et les femmes des médias à s’impliquer dans la collecte et le traitement des sujets qui mettent un accent sur la promotion et la défense des droits humains en général et les droits des femmes en particulier. Il faut donc oser et je pense que participer à ces genres de concours est un moyen efficace d’évaluer vos aptitudes quand vous voulez l’excellence, la qualité.

FLO : Un message aux femmes journalistes comme vous ?

LN : Les gens ont une mauvaise opinion des femmes journalistes. Ils les qualifient de légères. Je voudrai dire que ce n’est pas toujours le cas. Le journalisme est un métier comme tout autre qui a aussi ses brebis galeuses. Il est important pour les femmes journalistes d’œuvrer pour défendre leur honneur.

Rosymaque  

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