La société civile congolaise dit non au projet Transaqua

A l’occasion de la célébration de la 21ème journée internationale d’actions pour les rivières, la 4ème du genre célébrée en RDC, la société civile congolaise œuvrant dans le secteur de la Gouvernance des Ressources Naturelles et des droits socio-économiques et culturels a tenu à exprimer sa position face au projet de transfèrement des eaux de l’Oubangui vers le lac Tchad, victime d’assèchement.

Réunies autour de la Coalition des organisations de la société pour le suivi de la Reforme et des actions publiques, CORAP, ces organisations ont dénoncé le silence du Gouvernement face à toutes les tractations observées notamment l’organisation de la conférence d’Abuja sur le sujet. Conférence qui a débouché sur l’engagement des chefs d’Etats membres de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT), de non seulement approuver le projet mais aussi de mobiliser des ressources techniques et financières nécessaires pour les études et sa mise en œuvre.

Ces organisations de la société civile ont surtout tiré la sonnette d’alarme quant aux conséquences que pourraient engendrer ce projet qui date des années 1970. Se basant sur les analyses des experts indépendants nationaux, la société civile a d’abord évoqué les menaces sur la sécurité et la paix en RDC. Situation qui pourrait, selon elle, entraver le processus électoral. Ensuite, les menaces économiques avec impacts négatifs notamment la pauvreté et la faim qui peuvent surgir dans la région. Selon elle, la majorité des communautés ne vivent que de la pêche et de l’agriculture pratiquée le long des cours d’eau. Il y a aussi les perturbations du système aquatique notamment la diminution importante de débit, ajoutée à la diminution parfois drastique des précipitations observées au cours de certaines années dans l’ensemble du bassin, situation pouvant entraîner la diminution de la vitesse de l’eau et qui va assurément provoquer l’ensablement du lit du fleuve Congo et plus particulièrement au niveau du barrage de Mobayi mbongo.

En plus, l’ouverture du bassin du Congo au lac Tchad va entraîner une perturbation des écosystèmes aquatiques notamment sur le plan zoo-géographique. Pour ces experts indépendants relayés par la société civile, le projet transaqua va tout simplement perturber les deux grandes régions ichtyo géographiques nilo-soudanaise à laquelle appartient le bassin du lac Tchad et la région ichtyo géographique du Congo.

Parmi les autres problèmes, l’hybridation des espèces animales aquatiques, la compétition entre espèces, la disparition de certains maillons des chaînes alimentaires non adaptés aux nouvelles conditions de vie créées par la jonction des eaux de deux régions ainsi que la disparition de certains habitats, l’apparition de part et d’autre de nouvelles pathologies jadis limitées à l’une ou l’autre région.

La société civile congolaise a également affirmé que le gigantesque canal de prise d’eau va constituer une barrière infranchissable pour les espèces terrestres. Ceci va occasionner que certains biefs des rivières interceptées situés en aval de la zone de capture verront disparaître leurs chutes voire leurs zones marécageuses ainsi que la faune et la flore qu’elles hébergent. En fin de compte, ce projet, de l’avis de la société civile constitue une violation des normes internationales et nationales entre autres le principe de Dublin n°2, la Constitution de la RDC en son article 56 ainsi que les articles 51 et 53 de la loi n°15/026 du 31 décembre 2015 relative à l’eau.

L’occasion était pour Corap, Feso, asadho, Licoco, Ceprosoc, Cenadep et les 30 autres organisations engagées dans ce combat pour lancer la campagne «  Ne touche pas à ma rivière, à mon fleuve et à mon eau ».

Rosymaque

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