Journée internationale de la femme : le Dr Dolorès NEMBUNZU parle de la fistule obstétricale.

C’est une maladie qui s’attaque à la capacité productive de la femme. La fistule obstétricale déshumanise la compagne de l’homme et touche très souvent la femme rurale dépourvue des moyens. Selon les explications du Dr Dolorès NEMBUNZU, Médecin directeur de l’hôpital Saint Joseph et Responsable de Fistula Clinic, la fistule obstétricale est une fistule qui découle d’un accouchement très difficile. La fistule, elle-même, étant une communication anormale entre la vessie  et les voies génitales, quelque fois, il peut y avoir deux communications : l’une  entre la vessie et  le rectum et  l’autre entre la vessie et les voies génitales. C’est au cours d’une conférence- débat organisée à l’intention des cadres et agents de l’Agence Galaxie Médias, une entreprise de production audiovisuelle et de conseil en communication. C’était à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme. Voici donc l’économie de son exposé. 

Pour le Dr Dolores, les conséquences de cette maladie sont psychosomatiques. La femme atteinte de la fistule obstétricale va perdre les urines tout le temps de sa vie si l’on n’intervient pas. Elle sent les urines, ça  la brule. Généralement elle est exclue de la société. Dans  certains cas, elle n’arrive pas à aller aux champs avec tout le monde. Et  quand elle s’y  hasarde, elle doit être à la queue, à cause de son état de puanteur.

 Selon certains témoignages, certaines femmes ont déjà été attaquées par les abeilles. Dans ces conditions, la plupart  ne savent plus exercer  une activité économique,   sa marchandise étant rejetée par  les clients.

A en croire le Médecin directeur de l’hôpital Saint Joseph, cette maladie est due à un travail difficile et  prolongé de la femme enceinte qui devrait  en principe bénéficier d’une intervention (la césarienne par exemple). L’enfant qui doit naître ne parvient pas à sortir de la maman pour plusieurs raisons : le bassin de la mère est petit ou encore  l’enfant lui-même se trouve en mauvaise position. En général, 96% de  cas des fistules sont  obstétricales. Le reste de  cas en l’occurrence 4 pourcent sont liés aux accidents,  aux interventions chirurgicales qui ont mal tournées, au  cancer, à   certaines  autres causes traumatiques tel que le viol. Ce sont tout de même de cas rare mais à cause des conflits armés la RDC en a compté.

La responsable de FistulaClinic a peint un tableau sombre de la situation de la femme dans le monde. Sur 100.000 naissances en RDC, a-t-elle dit citant l’OMS comme source d’information, 945 mille femmes meurent. En Afrique, 2 millions  des femmes vivent avec la fistule obstétricale en Afrique subsaharienne et en Sud est Asiatique.   40.000 nouveaux cas sont enregistrés chaque année  en RDC.

L’intervention chirurgicale coûtant en moyenne 750$ prenant en compte la nourriture et autres.  somme combien exorbitante pour la femme rurale , première victime de la fistule obstétricale. L’USAID et Engender Health à travers Fistula Care, mettent des moyens en jeu  pour que ces femmes soient gratuitement opérées et suivies jusqu’à la guérison complète. En effet, à Saint Joseph par exemple, Fistula Clinic, une structure créée en 2003 a déjà opéré 1.850 femmes venues de différentes  provinces du pays. Une fois arrivées à Kinshasa, cette structure les prend en charge en assurant les soins  gratuitement  à ces femmes avant de les  retourner aux frais de l’organisation dans leurs milieux d’origine.

Parlant du traitement, le Dr Dolorès a signifié que c’est en 1974 que le traitement des fistules a été codifié. Ce, avant d’évoquer  la réparation par intervention chirurgicale simple ou complexe comme première solution. Dans ce dernier cas, des urologues peuvent aussi intervenir.

La prise en charge psychologique  est aussi  indispensable car la personne souffrant de fistule perd souvent le sens de la vie car se croyant dans un rêve qui va s’arrêter après son sommeil. D’où l’implication des sociologues.

Et comme ce sont des femmes rurales qui sont généralement touchées, il faut passer par la réinsertion, un accompagnement.

Néanmoins, la fistule peut être  évitée. Pour Dr Dolorès, la prévention, la formation des professionnels  de santé et la sensibilisation de la communauté en sont des facteurs déterminants.

Toutefois, le Gouvernement à travers les ONG devrait apporter une assistance pour voler au secours de ces femmes, ces véritables rescapées de la mort certaine  afin qu’elles  contribuent un tant soit  peu à la construction de l’édifice.

Ndos

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