JME 2017 : rapprocher les gens de la nature

Donner un visage humain aux problèmes environnementaux, amener les peuples à devenir les agents actifs du développement durable et équitable. Promouvoir la compréhension du fait que les communautés sont incontournables dans les changements d’attitudes en ce qui concerne les problèmes environnementaux. Défendre le partenariat qui assure à toutes les nations et à tous les peuples d’apprécier un futur plus sûr et plus prospère. Ce sont là les différents objectifs de la journée mondiale de l’environnement, célébrée le 5 juin de chaque année, initiée par l’organisation des Nations Unies en 1972 à l’occasion de l’ouverture sa conférence sur l’environnement de Stockholm. Cette année, la JME était célébrée sous le thème : « RAPPROCHER LES GENS DE LA NATURE ».

En RDC, l’ONG internationale WWF, en collaboration avec ses partenaires, a organisé un forum sur la Gestion des Ressources Naturelles à l’intention des étudiants de l’Université de KINSHASA. Plusieurs orateurs se sont succédés sur l’estrade abordant tour à tour des thématiques pertinentes. Ces interventions ont rencontré pour la plupart les préoccupations des étudiants des facultés de gestion des Ressources Naturelles et des sciences agronomiques qui ont rehaussé de leur présence massive à ce forum. Gilbert NDJADI, Chef de Bureau / Aménagement de la faune à la direction de la conservation de la nature, a affirmé que la conservation est une vision philosophique de la gestion de l’environnement qui n’entraine ni son gaspillage ni sa destruction, ce, avant d’évoquer l’impact de d’une bonne gouvernance environnementale et la protection de la nature dans notre pays.

D’après Martin KABANTU, chercheur pour HYDRONET et détenteur d’un master en gestion intégrée des ressources en eau, 70% de l’eau dans le monde sont utilisés pour l’agriculture, alors que les Etats Unis sont le premier consommateur d’eau sur la planète ; l’Afrique subsaharienne consomme moins d’eau soit 10%. Pour M. KABANTU, la préservation de l’eau est confrontée à plusieurs obstacles tels que la pollution, la réduction des zones humides et la contamination de l’eau.

Abordant aussi les questions de la gestion de l’eau Raphael TSHIMANGA, Chef du département à la faculté de gestion des Ressources Naturelles a renseigné qu’en 1990, notre pays était parmi l’un des rares en Afrique à avoir fait des progrès considérables en matières d’accès d’eau potable et assainissement, grâce à la mise en œuvre d’un programme de renforcement des capacités dans ce domaine. Cependant, avec la croissance démographique depuis les années 1990 jusqu’à nos jours,   avec le délabrement des infrastructures dans les milieux tant urbains que ruraux, ce pourcentage a sensiblement diminué au point que selon les chiffres du Programme de Nations Unies pour l’environnement de 2011, nous sommes autour 26% de la population qui ont accès à l’eau potable et à l’assainissement.

Il faut donc des efforts pour rehausser ce pourcentage. Cette hausse dépend de la mise en place des infrastructures mais également de la maintenance et entretien de ces infrastructures. Cela passe par la conscientisation de population et leur participation. D’où la création de la gestion intégrée des ressources en eau, car les questions de l’eau sont à ce jour transversales et impliquent plusieurs aspects psychologiques, sociologiques, urologiques. Quant à nos ressources naturelles, le Chef du département à la faculté des gestion des Ressources Naturelles estime que des Etudes environnementales devaient être menées afin d’exporter l’eau de cette rivière comme une source bleue et comme source verte. Pour le professeur KABASELE de l’UPN, pour faire une agriculture sans endommager la terre, il faut se baser sur les connaissances endogènes des peuples autochtones.

Par ailleurs, tous les orateurs ont convenu qu’il faut associer les peuples autochtones et les femmes pour une gestion durable des ressources en eau, car la femme connait la valeur de l’eau tandis que les peuples autochtones renferment une connaissance variée dont nous pouvons bénéficier. Dans son mot de clôture, le professeur TSHIMANGA a déclaré que les recherches doivent servir à changer les conditions de vie des populations. Les préoccupations de l’assistance ont porté sur l’implication des femmes, des jeunes et des peuples autochtones dans la gestion transparente des forets congolaises avec l’existence du moratoire et les chiffres exacts sur la consommation d’eau potable et de l’assainissement en RDC. La mise en terre de quelques jeunes plantes a marqué la clôture de cette journée dédiée à l’environnement.  

Ferha NTUMBA

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