FEZA MICKA : la femme doit être compétente et compétitive

Passionnée de lecture dès sa petite enfance, Feza MICKA était déjà destinée au métier de journaliste. Durant des années, elle a entretenu jalousement ce rêve avant de connaître un petit moment d’instabilité comme c’est le cas pour la plupart de jeunes au moment précis du choix de son orientation universitaire. Elle a donc dû tergiverser sur ses principaux atouts susceptibles de faire d’elle, l’une des figures emblématiques de la presse notamment son éloquence, sa prestance et son sens élevé de curiosité doublé d’une volonté inouïe de justice, avant de se décider finalement d’opter pour le journalisme. Une véritable passion pour cette étoile montante de l’espace médiatique congolais. Des études qu’elle entame à l’Université de Lubumbashi pour les terminer à l’Université Pédagogique Nationale de Kinshasa.

Secrétaire de rédaction, présentatrice du journal télévisé et animatrice de l’émission « Femme » sur B-One télévision depuis 9 ans, Feza s’est d’abord essayé comme secrétaire de direction chargée des ressources humaines.

Au regard des abus et dérapages observés dans les médias congolais, Feza estime que les responsabilités sont partagées, car dit-elle, avoir fait des études de journalisme ne suffit pas pour être journaliste. Tout dépend du sérieux que chacun met dans l’exercice dans son métier. Pour renverser la tendance, il faut conscientiser ceux qui sont dans le métier afin qu’ils le fassent avec beaucoup de passion et surtout de discipline. Une discipline qui doit commencer au niveau de recrutement et de la formation. Il existe le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), l’organe de régulation du secteur. Mais avant de se tourner vers cet organe, la professionnelle des médias a déclaré que dans chaque maison de presse, il y a des conseils de rédaction et des comités de production. Ce sont ces instances qui doivent réglementer la conduite des journalistes et toujours porter un regard critique avant toute production.

Par ailleurs, cette problématique doit être résolue en amont, en se posant la question de savoir qui doit est recruté et pour faire quoi. A en croire l’animatrice de «FEMME», la femme a beaucoup évolué. Pour preuve, on compte à ce jour des femmes ministres, chefs d’entreprises, et tant d’autres à des postes de commandement. Cependant, beaucoup reste à faire.

En parcourant le thème la journée mondiale de la femme de cette année, « parité 50/50 », cela montre à suffisance que l’objectif n’est pas encore atteint. D’après FEZA, il faut multiplier les efforts, même si la Constitution consacre cette parité, il faut des mécanismes d’accompagnement. La femme doit s’approprier cette couverture juridique pour atteindre cet objectif à l’horizon 2030 comme voulu par les Nations Unies et le Gouvernement de la RDC. Grosso modo, il ne faut pas se contenter des slogans mais au contraire travailler d’arrache-pied pour la valorisation de la gente féminine et cultiver l’assurance en cet être qualifié à tort de faible.

Bannir les stéréotypes : les femmes ne votent pas pour les femmes

La célèbre présentatrice de B One reste convaincue que la politique est un facteur déterminant qui permet d’évaluer l’apport de la femme dans la société. Cet apport est indispensable, car c’est elle qui tient l’économie du pays, malheureusement de manière informelle. Lorsque la femme est aux commandes, a-t-elle déclaré, elle dirige avec sensibilité et en dépit des faiblesses qui lui sont souvent attribuées, la femme a un cœur qui peut sauver des milliers de vies.

En perspective des élections prochaines, FEZA invite les femmes à travailler davantage avec leurs bases afin de se faire élire malgré leurs faibles moyens. Elles doivent défendre des idéaux et messages capables d’inciter les autres femmes à voter pour elle d’autant plus que la base électorale est majoritairement féminine. Pour elle, la femme élite doit être en mesure d’aller vers les autres femmes qui n’ont peut-être pas suffisamment d’éducation avec amour, afin de créer un équilibre entre la femme élite et les femmes ordinaires. Ce qui constituera une force inébranlable. Les femmes doivent porter des jugements objectifs les unes envers les autres, car d’après Feza, les guéguerres entre femmes profitent aux hommes. Elles doivent donc se munir d’un état d’esprit pouvant leur permettre de s’accepter mutuellement. C’est avec cette unité qu’elles vont franchir les obstacles qu’elles rencontrent dans la vie, dans la profession et dans la famille.

FEZA MICKA propose d’affecter les moyens destinés aux ateliers sans résultats aux actions concrètes tels que la sensibilisation sur le terrain, les séances de formation dans la recherche. Le plus important pour le développement d’un pays reste incontestablement le capital humain. Il est donc nécessaire de former les femmes les moins instruites afin qu’elles apportent leurs contributions au développement du pays.

La prise en charge de la jeune fille aujourd’hui, c’est une prévention pour demain

Dans le souci de réduire les écarts qui existent entre garçons et filles principal obstacle à la parité, FEZA Micka estime que tout dépend de la politique nationale du pays en matière de l’éducation, allusion faite à la campagne « toutes les filles à l’école », initiée depuis quelques années. Cette campagne aurait, d’après les statistiques du Ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire, permis de revoir à la hausse le taux de participation de la jeune fille à l’examen d’Etat. D’après cette fervente défenseure des droits de femmes, l’Etat congolais devrait, de manière générale renforcer ses stratégies pour éduquer d’avantage la femme et la fille, car prendre en charge la jeune fille, c’est combler ce déficit constaté entre fille et garçon. Selon elle, le gouvernement n’a pas encore élaborer un plan d’action par rapport à la femme au regard des mutations dans notre société. Pour ce faire, elle propose aux ONG d’œuvrer pour l’alphabétisation et la formation des femmes dans plusieurs disciplines. Il faut qu’elles aient accès aux crédits et tout cela entre dans le cadre des mécanismes que l’Etat doit mettre en place en vue de rendre utile l’apport de la femme dans l’économie de notre pays. Elle exhorte le gouvernement d’accompagner la femme de quitter le stade embryonnaire à la réalisation de grands projets pouvant booster notre économie de manière efficace.

Etre une femme n’est pas une fatalité. Il existe à ce jour des lois qui protègent les femmes contre les injustices dans les milieux professionnels. La femme doit être informée sur la législation sur le travail afin qu’elle se défende lorsqu’elle est victime d’une injustice. La maternité ne rend pas la femme inapte, bien au contraire, il est de l’ordre de de la nature que la femme donne naissance. Elle ne doit donc pas être virée ou réprimandée à cause de cela.

La beauté n’est pas un atout mais plutôt un ajout

Aux jeunes filles qui aspirent au métier de journaliste, FEZA MICKA appelle à la culture de la lecture. Il ne suffit pas d’avoir son diplôme en poche, encore moins compté sur sa féminité. Bien au contraire, elles doivent développer d’autres aptitudes, être intelligentes, se documenter en permanence. Le journalisme n’étant pas un métier facile, elles doivent faire face à plusieurs obstacles. Elle exhorte enfin la future journaliste a ne pas se focaliser sur sa beauté, mais plutôt miser sur ses compétences intellectuelles.

FEZA nous a confié qu’elle a bien des modèles dans la profession au pays et sous d’autres cieux pour lesquelles elle a un grand respect, parce qu’elles sont intelligentes et font bien leur travail, avant d’inviter la future génération à avoir une admiration objective et non péjorative à l’endroit de leurs modèles . Elle a pour conclure appelé ses futures collègues à plus d’abnégation, de responsabilité afin de garder la noblesse du métier de journaliste.

Ferha NTUMBA

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