Femme, être multidimensionnel, actrice de développement ou source de conflit ?

« La femme active peut-elle être source de conflit dans son lieu de travail, dans sa famille ou dans sa communauté ? ». C’est autour de cette réflexion que se sont réunies les membres de la femme active pour un monde sans conflit (F.A.M.Co), une toute jeune association qui a profité de la célébration de la journée de la femme pour organiser une conférence-débat assortie d’un dîner. C’était le vendredi 10 mars 2017 au restaurant villa TRICANA dans la commune de la Gombe.

Cette journée d’échanges était marquée par trois interventions de haute facture. D’abord la Coordonnatrice générale de la société des amis de la culture et des arts du Congo (SACAC), qui a choisi le thème de « Femme active, source de conflit ? ». Pour Madame Marie-Josée KAZADI YAMBA, cela n’est qu’une question à laquelle elle répond négativement. La femme est source de paix, actrice de développement et ne peut en aucun cas porter les germes de conflits.

Cependant, il arrive que par son activisme ou sa détermination ou carrément son comportement qu’elle soit à la base de conflit. Ce n’est donc qu’une brèche qu’elle a ouverte avant de mettre l’accent sur le fait que la femme active devrait être organisée afin de mener à bien ses nombreuses responsabilités en tant que mère, épouse, travailleuse. D’où l’affirmation qu’elle est un être multidimensionnel.

Voilà pourquoi, elle doit d’abord compter sur ses atouts intellectuels pour faire face à la confrontation avec son partenaire homme. Pour Madame KAZADI YAMBA, la jeune femme active doit porter un regard héroïque sur ses ainées et prendre exemple sur elle. La Coordonnatrice générale de la SACAC a exhortée les jeunes femmes actives à dépasser les injustices liées au genre en travaillant sans baisser les bras.

La légèreté de la femme pourrait constituer une source de conflit d’après Madame Mamie Agnès NDAY, Secrétaire au cabinet du Premier Vice-président de l’Assemblée nationale, deuxième intervenante de la soirée. Se basant sur sa propre expérience tant à l’université que dans sa vie professionnelle, elle a relevé que bien souvent les femmes ne font pas, en général, preuve de sérieux dans ce qu’elles entreprennent. Les raisons sont diverses. C’est notamment celles liées aux pesanteurs culturelles, à l’éducation au niveau de la famille qui ne prépare pas les femmes à être de battantes.

Peu sûres d’elles, elles se laissent souvent embarquer dans la facilité alors qu’elles ont d’énormes potentialités au même titre que leurs collègues hommes. Elle a poursuivi son speech en insistant sur le fait que la femme ne devrait pas brandir sa féminité pour obtenir des faveurs. Pour Madame NDAY, la femme active doit se valoriser par son habillement, ses interventions, sans pour autant renoncer à sa féminité. Elle doit entretenir sa beauté physique, sans pour autant en faire un moyen de gravir les échelons. Pour conclure, l’oratrice a encouragé les femmes à se former, d’avoir la maitrise de leurs domaines en vue de se défendre objectivement dans leur milieu professionnel.

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Si pour la Secrétaire du Vice-président de l’Assemblée Nationale, la femme active pourrait être source de conflit, il n’en est pas le cas pour la troisième intervenante. En effet, pour Collette TSHOMBA, Vice-ministre honoraire ayant fait une brillante carrière journalistique à travers la chaîne nationale et dans ses propres supports en l’occurrence le journal Uhuru et le magazine féminin Awa, la femme active est en réalité dotée de mille et une capacité. Elle ne peut donc pas être source de conflits bien au contraire elle apaise par son intelligence et sa douceur. Et de surcroît, elle arrive à concilier les vues.

D’après l’ancienne éditrice du journal Uhuru, la jeune femme active par définition est dynamique, libérée et, est par dessus tout, un acteur majeur pour le développement, car elle travaille dans la transformation de notre société.

C’est justement pour faire face à ces differents défis que quelques jeunes femmes actives se sont décidées d’apporter leur pierre à la construction de l’édifice en créant F.A.M.Co, qui est une organisation non gouvernementale de développement. Cette structure entend œuvrer dans le domaine de genre et famille. Elle a pour principal objectif, de réveiller la conscience de la jeune fille sur son rôle dans la société en tant qu’actrice de paix et de développement, car il est admis aujourd’hui qu’éduquer une femme c’est éduquer toute une nation.

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Pourquoi mettre en exergue le concept conflit ? C’est plus pour prévenir. Le conflit est pris ici au sens d’absence d’harmonie, de paix sociale et non de guerre. Avec l’évolution, les femmes ne sont plus cramponnées dans leur rôle traditionnel de ménagère. Situation qui de fois ne facilite pas les relations et sont de fois sources de conflit dans nos sociétés. L’ambition de la jeune association est d’aider à ce que la femme soit actrice de développement et de paix dans sa famille, dans le milieu de travail et partout où elle est appelée à intervenir en raffermissant sa bataille pour l’égalité des chances

Un climat convivial a marqué la séance de questions-réponses entre les jeunes femmes actives et les intervenantes de la soirée. A en croire Patricia RASHIDI, membre du comité d’organisation de la FAMCO, ces échanges étaient bénéfiques pour elles dans la mesure où ils ont permis de comprendre quoi faire face aux réalités sociales qui les entourent. Et ces réflexions ont également permis de les ramener sur le droit chemin en vue d’éviter d’être source de conflit.

Ferha NTUMBA

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