Epouse de Journaliste et Journaliste, c’est possible : Gloria Mbuya en est une illustration éloquente

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Née le 05 juillet à Kinshasa, quatrième d’une fratrie de 5 enfants dont elle est l’unique fille, la désormais Madame Gloria MBUYA MABUDILA est fille de Dieudonné MBUYA YAMFU et Gilberte BADIFWILAKU, tous deux vivants et toujours « très » mariés. Comme ses parents, elle croit aux valeurs telles que le mariage. Voilà pourquoi en cette année 2016, elle s’est engagée pour la vie avec Israël MUTALA LUKUSA, journaliste et non de moindre au regard de ses analyses tant sur le plan politique qu’économique.

Gloria Mbuya, Glo et si vous êtes dans son cercle le plus restreint « the longue, galvanisée » est journaliste-Reporter à Télé50, présentatrice de journaux télévisés, de l’émission « ACTION FEMME » et bientôt d’une nouvelle émission « CAP RESSOURCES » axée sur les ressources naturelles. Sa rencontre avec son époux a été un pur hasard, mais elle ne savait pas que son homme l’avait déjà ciblée du milieu de toutes ces belles et coquettes présentatrices de la toute nouvelle chaîne télé 50. Le reste a été l’affaire du Tout Puissant, un peu comme on dit, il donne la vision ainsi que la provision.

Nous avons découvert lors de notre séjour commun dans la capitale cuprifère dans le cadre d’une formation organisée par OSISA, une fille simple, intelligente, humaine et à l’humour bien à propos. Ses talents de photographe lui ont valu le sobriquet de « Torgha » en référence à un photographe congolais de renom. Glo Mbuya Mutala n’a pas hésité à nous faire honneur et ainsi être la première femme des médias à répondre aux questions de Florilège Magazine.

Florilège Magazine (FM): Pouvez-vous nous parler de votre parcours scolaire et académique ?

Gloria MBUYA MUTALA (GMM): J’ai fait la Maternelle à l’école BAKONA dans la Commune de Lemba ici à Kinshasa. Mes études primaires et secondaires en Latin & Philosophie (2001-2007) au lycée BOSANGANI, anciennement appelé Sacré-Cœur, dans la Commune de la Gombe. Mon baccalauréat en poche (diplôme d’Etat), j’ai tout de suite pris mon inscription à l’Université de Kinshasa. Dans ce haut lieu du savoir, j’ai opté pour la Faculté des Lettres, plus précisément au Département des Sciences de l’Information et de la Communication. C’est en 2014 que mes efforts en termes d’assiduité et d’application durant mon cursus ont fini par payer, car c’est en cette année là que j’ai décroché mon diplôme de Licence en Journalisme Politique Extérieure.

FM : Qu’en est-il de votre parcours professionnel ?

GMM : Mon parcours professionnel est simple à raconter. Tout est parti d’une vague à l’âme qui s’était emparée de moi suite à un échec impromptu en 3ème graduat. Il est rarissime de voir un étudiant reprendre en 3ème graduat après avoir franchi sans peine les promotions dites difficiles comme celles de 1er Graduat, à cause des difficultés d’adaptation, et celle de 2ème Graduat car la matière est plus corsée, les enseignants supposant que vous devenez mûrs. Cet échec que je n’avais pas vu venir et que j’attribue à une forme « d’injustice académique », le fameux « manque de cotes », dû au désordre qui règne parfois dans nos établissements universitaires, m’avait bouleversé. Bouleversement compréhensible, car jamais je n’avais eu d’échecs durant mon parcours scolaire. Abattue, j’ai opté pour un stage professionnel plutôt que pour un stage académique classique.

Poussée par une amie, j’ai eu la motivation nécessaire pour me jeter à l’eau. C’est alors que je me présenterais au casting de Télé 50 après le dépôt préalable de ma lettre de stage. Et ce fut le déclic. Seule étudiante, jeune et frêle, j’ai pu trouver la force et l’assurance pour faire face à une trentaine des messieurs et dames venus aussi tenter leur chance. Après une série d’épreuves (rédiger des dépêches, simuler une présentation du journal télévisé au studio, épreuves de diction, dictée dirigée personnellement par le Patron de la chaine Jean-Marie KASSAMBA, j’ai été la seule à être retenue. A cela, d’autres ingrédients ont dû être associés : télégénie, ponctualité…

Jean-Marie KASSAMBA, à qui je rends un vibrant hommage, c’est mon père professionnel. Il avait décelé en moi un « immense potentiel » malgré ma jeunesse et mon statut d’étudiant de l’époque. Pour cette confiance et pour m’avoir donné cette opportunité de travailler et de combiner études et vie professionnelle, je lui serai toujours reconnaissante. Ma reconnaissance va aussi à Jolie DIYOKA, ma grande sœur et consoeur, qui m’encadra avec amour et rigueur lorsque j’étais stagiaire. Floride ZANTOTO et Pathy NKIERI, Crispin TSHIBASU, ne sauraient être oubliés car leur soutien et encadrement me furent d’une aide précieuse.

Je m’en voudrais de ne pas remercier le Seigneur Jésus-Christ, c’est mon côté chrétien, le maître des temps et des circonstances qui fait croiser mon chemin avec ces illustres personnes. La bénédiction divine a un goût particulier en ce sens que c’est l’exaucement d’un vœu que je lui avais adressé : « Puisses-tu me donner un emploi bien avant que je n’achève mon cursus universitaire oh Eternel Dieu d’Israël ».

Une femme qui ne se détache pas de son métier, mais avec une passion vers la mode

FM : Quelles sont vos ambitions et quel projet vous tient à cœur ?

GMM : Monter ma boite, une agence de communication. Créer une entreprise de mode, car j’aime la mode, l’art, et le design en mettant en exergue le pagne. Bref, explorer par l’habillement notre patrimoine culturel. Sensible au sort de plus démunis, je me sens redevable à la société congolaise. J’ambitionne de mettre sur pieds une ONG pour assurer les soins de santé et l’éducation aux enfants congolais les plus défavorisés. J’ai plein de projets, je vous livre là les plus pressants.

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FM: En tant que femme, comment conciliez-vous votre profession à votre vie de famille ?

GMM : Je m’efforce d’établir la différence entre mes devoirs conjugaux et professionnels. Je suis journaliste, GLORIA MBUYA dans le milieu professionnel, au service du public, mais dans mon foyer je suis et reste FEMME à part entière, répondant à mes tâches ménagères. J’adore faire la cuisine. La musique est un de mes hobbies favoris en plus de la télé, les séries policières, j’en raffole. Trouver du temps pour se cultiver, c’est aussi important. J’avoue que de ce côté-là, j’ai un grand retard à rattraper. Faute de temps, je n’ai pas pu continuer mon apprentissage de l’anglais. Je compte me rattraper et justement renouer avec les anciennes bonnes habitudes, perdues hélas, par exemple de lire un bouquin au moins chaque mois. Sinon on s’abrutit.

Partager un verre, un repas à la maison ou dans un restaurant, avec mes proches ou des amis, le tout avec une conversation légère et insouciante, c’est relaxant. En plus, trouver du temps aussi pour mes « fans ». Je profite d’ailleurs de votre tribune pour saluer, je préfère dire plutôt les personnes qui ont une sympathie particulière pour ma modeste personne. Je leur exprime toute ma sympathie. Et m’excuse pour les nombreux messages de soutien qu’ils m’adressent notamment sur Messenger restés de fois sans réponse. J’ai des milliers des messages, une centaine par jour et bien souvent j’ai du mal à réagir promptement.

En effet, entre ma vie professionnelle et ma vie privée, il y a très peu d’espace. Surtout que nos horaires à la télé sont élastiques. Parfois on travaille normalement, c’est-a-dire de 9 h à 19 h30’. Parfois on est matinale, il faut arriver au bureau dès 5 heures. Ou encore c’est tard le soir après 21h30’. Il faut jongler avec cet horaire pour trouver du temps pour soi, ce n’est pas toujours facile. Je sollicite donc l’indulgence de mes « admirateurs ».

FM : En tant que Femme de médias, comment voyez-vous le paysage médiatique congolais ?

GMM : Un paysage compétitif, plein d’adversité, un paysage qui demande une culture générale assez large pour la compréhension des événements, un sens éthique élevé, être le plus objectif possible. Un paysage dans lequel il ne faut pas se prendre la tête au risque de perdre les pédales.

FM : A votre avis, la femme apporte-t-elle un plus dans la sphère médiatique ?

GMM : Bien sûr! La femme autant que l’homme apporte un plus de par son implication active dans ce métier, et de plus en plus la représentativité de la femme se fait sentir dans la sphère médiatique, car se confirmant davantage par ses compétences.

FM : D’aucuns qualifient la femme « d’être faible » dans certaines circonstances et qui aime la facilité, surtout en ce qui concerne le métier de journaliste. Selon vous, que doit faire la femme pour qu’elle se confirme dans son métier de journaliste qui soit dit en passant se féminise au jour le jour ?

GMM : Nous reconnaissons, certes, que la femme a souvent été qualifiée d’être faible. Qu’à cela ne tienne, la femme devra elle même se départir de ces stéréotypes, comptant sur ses potentiels et ses compétences, et non sur sa féminité. Je crois que la femme est un être à part entière que l’homme, capable d’assumer les postes de prise de décisions, la méritocratie existe.

FM : En dehors de la presse, qu’est-ce qui vous hante comme métier, en d’autres termes, s’il vous étiez demandé de choisir un autre métier, pour lequel opteriez-vous ?

GMM: Le droit, précisément devenir Juge pour trancher entre le bien et le mal, car ayant horreur de l’injustice.

FM : Quelles sont vos aspirations pour le devenir de la femme dans le paysage médiatique en RDC ?

GMM : La femme dans le paysage médiatique a un avenir meilleur et plein d’espoir. Elle est éprise de talents, de qualités indéniables et aujourd’hui capables de faire bouger le monde. Un peu comme votre slogan « ensemble, changeons le monde à jamais »

FM : Vous êtes marié à un journaliste, vous-même journaliste. Certains pensent que ce sont des couples qui ne survivent pas. Qu’en dites-nous? Quel conseil donnerez-vous à ceux qui sont dans la même situation que vous ou qui vont se retrouver dans cette situation?

GMM : Chaque couple est particulier. Il n’est nullement question d’être un couple de journaliste. Tout dépend de ce sur quoi vous fondez votre couple, mieux sur qui, car par dessus tout, Dieu doit être au centre de la vie conjugale, le mariage étant d’ailleurs la première institution divine, sans qui vous ne pouvez faire face, ni vaincre les combats de la vie. En plus, il faudra un minimum de compréhension, de la confiance surtout et finalement l’amour.

Je crois qu’un journaliste est un homme comme tout autre, qui mérite d’être aimé et lui-même capable d’aimer. Et avec mon mari, je me sens plutôt mieux, sa compagnie allie humour et connaissance. Avec lui, je ne m’ennuie jamais. On se comprend mieux surtout avec l’enthousiasme débordant de certains téléspectateurs…rire !

C’est mon meilleur ami. Je dirai même plus qu’un couple-journaliste, c’est le meilleur couple qui soit…Mdr. sans rancune !

Pour placer un mot en définitive, à tous ceux qui sont dans ma situation je propose de recommander d’abord leur union à Dieu Tout Puissant et d’être soudé dans le Seigneur, puis mettre en pratique les principes de Dieu pour vivre longtemps. A ceux qui veulent se lancer dans l’aventure, si vous vous sentez convaincus, de ne pas hésiter, ni de suivre les clichés faits par les autres (référence à la règle de 3B peut-être), au risque de manquer l’amour de votre vie. Dans la généralité, il y a aussi des exceptions.

Rosette MAMBA

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