4 janvier 2018, Kinshasa pleure des nouveaux « martyrs »

L’on se rappellera que le 4 janvier 1959, la République Démocratique du Congo alors Congo Belge, a perdu ses fils et filles pour avoir revendiqué l’indépendance du pays. Les émeutes provoquées par l’interdiction tardive d’un meeting de l’Alliance de BAKONGO (ABAKO) avaient occasionné mort d’hommes, une centaine, et d’importants dégâts matériels. Le tout, envenimé par les supporters de l’Association Sportive Vita Club (As V. Club) furieux, revenant du stade Roi Baudouin, l’actuel Tata Raphaël, à l’issue d’un match qui l’a apposé à l’équipe belge de MIKADO, remportant la partie par un score final de 5 buts à zéro.

En ce 4 janvier 2018, ce ne sont pas des martyrs pour l’indépendance, mais plutôt une coïncidence, alors une mauvaise coïncidence. La pluie qui s’est abattue sur la ville de Kinshasa dans la nuit de mercredi 3 à jeudi 4 janvier a causé des dégâts matériels et en vies humaines importants. Selon les sources du gouvernement provincial de Kinshasa, on parle de plus de 35 morts à travers les différentes communes de la ville. Parmi les communes les plus touchées figurent celles de Selembao, Ngaliema dans l’Ouest de la ville. La cause principale de ces dégâts est l’écroulement des terrains. Des maisons ont été emportées par les eaux de pluie, des murs de clôture se sont écroulés causant ces morts comptés en ce jour de 4 janvier 2018.

De cet écroulement de terrain s’affiche une mauvaise urbanisation à outrance de la ville, surtout dans les communes de Selembao, Ngaba, Ngaliema, N’djili, Kimbanseke, pour ne citer que celles-là. L’éducation de la population à une urbanisation ordonnée, un assainissement du milieu et au respect de l’environnement doivent être de mise pour éviter des morts pour rien.

Quant à la commémoration de la journée du 4 janvier, elle a été célébrée dans la méditation totale en RDC, comme si les morts de ce jour-là sont déjà oubliés. Constat malheureux. Comme si cela ne suffisait pas, d’autres morts se sont ajoutés à ceux du 4 janvier 1959. Des morts pour rien.

Ruben Mayoni

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