4 janvier 1959, et après ?

Le 4 janvier de chaque année, la République Démocratique du Congo (RDC) commémore les martyrs de l’indépendance. 4 janvier 1959 – 4 janvier 2018, 59 ans jour pour jour que mourraient donc les martyrs de l’indépendance de la RDC. Une vraie page noire de l’histoire de la RDC. Ce jour-là, des émeutes avaient été provoquées, par l’interdiction tardive d’un meeting de l’Alliance de BAKONGO (ABAKO), le parti de Joseph KASA-VUBU, devenu premier président de la RDC indépendant.

Ce jour-là, le leader de l’ABAKO devait s’adresser à ses militants, à la place YMCA de MATONGE à Kinshasa au cours d’un rassemblement interdit en dernières minutes par le pouvoir public. Une décision mal digéré par les partisans de ce parti politique. Comme par coïncidence, sur leur chemin ils ont croisé les supporters de l’Association Sportive Vita Club (As V. Club) en furie, revenant du stade Roi Baudouin, l’actuel TATA Raphael, à l’issue d’un match qui a apposé l’équipe belge de MIKADO à l’équipe congolaise de Vita Club, score final 5 buts à zéro en faveur de MIKADO.

Ces incidents ont entrainé des mécontentements, une marche populaire contre la colonisation s’est simultanément organisée, provoquant ainsi des émeutes du 04 au 07 janvier 1959. Le bilan officiel est de quarante-neuf morts. Mais d’autres sources, notamment celles de l’ABAKO parlent des centaines de morts. Cette situation enclenchera la tenue de la table ronde de Bruxelles, jusqu’à ce que la date du 30 juin 1960, soit choisie pour l’accession de la RDC alors Congo Belge à sa souveraineté nationale et internationale.

Place de l’indépendance à Kisangani/Tshopo

« C’est un jour qui marque une étape décisive dans la conquête de l’indépendance. Le pouvoir colonial a dû prendre conscience que l’indépendance était une aspiration profonde et les gens l’ont manifesté. Officiellement on parle de 49 morts mais on dit qu’il y en a eu 100 et peut-être 300. L’administration a été affolée quand elle a vu le lendemain, le nombre de morts », note l’historien belge Père Léon de Saint Moulin, professeur émérite qui s’est installé en RDC depuis août 1959, cité par le site de la radio Okapi.

Aujourd’hui, près de 60 ans après ces morts, la RDC semble toujours marquer les pas sur le chemin de son indépendance politique et même économique. Le sang qui a coulé le 4 janvier 1959 est comme un sang pour rien, car le pays donne toujours l’impression d’être colonisé sur plusieurs plans. Même si le peuple prend conscience de son destin par des manifestations, mais le pouvoir public se considère comme n’étant pas concerné par les aspirations du peuple. Faudra-t-il encore un autre 4 janvier ?

L’avenir nous le dira !

Ruben Mayoni

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