30% des femmes dans les institutions : un objectif toujours difficile à atteindre

La République démocratique du Congo (RDC) s’était engagée, comme pour répondre à la volonté des Nations unies, d’atteindre 30% des femmes au sein des institutions du pays. Mais les observateurs avisés se rendent compte sans désemparer que cet objectif n’est toujours pas atteint par le pays de Lumumba.

Pour preuve, les gouvernements Matata I et II n’ont compté que 7 femmes sur 37 membres, soit 18,9% de l’ensemble de l’équipe gouvernementale. Pire encore, le gouvernement Badibanga nommé lundi 19 décembre 2016 compte 67 membres. Il comprend 3 vice-premiers ministres, 7 Ministres d’Etat, 34 Ministres et 23 vice-ministres. 8 femmes seulement font partie de cette équipe éléphantesque, soit 5,36%. Ce qui est curieux est qu’aucune femme vice-premier ministre, encore moins ministre d’Etat. Sur les huit femmes, 5 sont ministres et trois sont vice-ministres. Ce qui montre à suffisance que le quorum de 30% est loin d’être atteint.

Parmi ces femmes ministres, Madame Wivine Mumba Matipa a remplacé une autre femme au Portefeuille, Madame Marie-Louise Mwange, Ministre du Genre, Enfant et Famille, a remplacé elle aussi une autre femme. Madame Maguy Kiala Bolenga occupe le ministère de la Jeunesse et Initiation à la nouvelle citoyenneté, formé par scission et/ou démembrement des ministères des Sports et de l’Enseignement Primaire et Secondaire. Madame Martine Ntumba Bukasa prend le Développement Rural en remplacement d’un homme, Madame Marie-Ange Mushobekwa s’est vue octroyée le Ministère des Droits Humains, appendice du Ministère de la Justice. Quant aux Vice-ministres, Madame Maguy Rwakabuba, est allée à la Santé, Madame Bishumu Akupendayi à l’Economie et Madame Nathalie Mbul au Commerce Extérieur.

A la question de savoir la place qu’occupe la femme congolaise dans les instances de décision et pour quel poste, il faut dire que le gouvernement Badibanga comme les autres avant lui n’a pas fait exception quant à la représentation de la femme. Il en fallait au moins 20 femmes avec l’objectif de 30% fixé par la loi. La parité qui a pour définition une égalité parfaite ou concordante est loin d’être une réalité en République Démocratique du Congo dans la formation des gouvernements.

De leur côté, les femmes doivent résolument s’engager davantage afin de peser au sein des instances décisionnelles tant au niveau international, national que local. Car la parité homme-femme n’est pas un cadeau pour les femmes. C’est un pari à gagner pour elles et par elles. Elles sont donc appelées à la compétitivité omniprésente et développer des stratèges adéquates au risque de se contenter des miettes.

Ruben Mayoni

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